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Le rôle clé des PME dans les marchés émergents
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Le rôle des PME dans les marchés émergents

L’expression « marché émergent » désigne communément les marchés en transition, dont l'économie commence à décoller.

Le graphique ci-dessous recense quelques pays généralement considérés comme des marchés émergents, les Etats-Unis et le Royaume-Uni étant mentionnés à titre de comparaison.

L’une des caractéristiques communes aux marchés émergents est la prédominance de la pauvreté. Si la croissance ne profite pas à tous, il y a un fort risque d’instabilité sociale, voire même de troubles politiques. Dans ce contexte, les PME jouent un rôle fondamental ; elles sont un effet un levier social, accessible à toutes les classes de la société, notamment dans les zones rurales où les infrastructures de transport, d’énergie et d’éducation sont insuffisantes.

Les marchés émergents englobent des pays très différents. Ainsi, l’Inde et l’Afrique du Sud sont des économies relativement prospères. L’Inde allie l’un des plus fort taux de croissance mais l’un des revenus nationaux bruts (RNB) par habitant les plus faibles au monde (720 $). Selon les chiffres de la Banque Mondiale, un tiers de la population indienne vit en dessous du seuil de pauvreté (avec moins de $1 par jour). Le RNB par habitant de l’Afrique du Sud est nettement plus élevé (4 960 $) mais les inégalités de revenus y sont parmi les plus importantes au monde : les 10% les plus riches gagnent ainsi 33 fois plus que les 10 % les plus pauvres.

Le principal avantage social de la PME est qu’il y a peu de barrières à l’entrée. Ainsi, selon l'étude annuelle financée par la Standard Bank of South Africa, environ 20 % des PME sud-africaines sont détenues par une personne vivant en dessous du seuil de pauvreté. Mahatma Gandhi, le père de l’Inde moderne, faisait l'apologie de l’autosuffisance dans les villages pour stimuler fortement l'emploi. Dans des régions souffrant d'une insuffisance d'infrastructures, l'emploi dépend en effet des micro- et des petites entreprises. De même, pour la Banque Interaméricaine de Développement, 70 % des personnes aux plus bas revenus possèdent une micro-entreprise ou sont employés dans l’une d’entre elles. Les PME constituent, pour les plus pauvres, un moyen d’améliorer leurs revenus et, pour le pays, un moyen de bénéficier de compétences qui sinon resteraient inexploitées.

Si dans PME il y a « petites », l’effet combiné des PME est lui loin d’être « petit » : ce secteur contribue en effet à hauteur de plus de 50 % au PIB de l’Afrique du Sud et représente 35 % des exportations totales de l’Inde, ce qui est loin d’être négligeable quand on sait que les exportations constituent une importante source de richesses pour les pays émergents.

Les PME ont besoin d’une main-d’œuvre qualifiée et d'apports financiers pour se lancer et se développer. Le paiement à la livraison dans de cas des activités d’exportation est une exception.. Il existe diverses sources traditionnelles de financement pour lancer une petite entreprise, par exemple : les économies personnelles,la contribution du cercle familial ou relationnel, les investissements immobiliers ou encore le nantissement de prêts. Malheureusement, dans de nombreux marchés émergents, surtout les plus pauvres, de tels fonds sont rares. De plus, les banques rechignent à apporter leur soutien et proposent souvent aux petites entreprises des conditions nettement moins avantageuses que celles proposées aux grandes entreprises, empêchant la bonne pratique de la concurrence. Cette attitude se justifie par deux arguments:

  • Le taux de faillite des PME est très élevé, en particulier parmi les jeunes entreprises. Les PME sont également plus sensibles à la fluctuation des prix et de la demande. Les banques indiennes et sud-africaines se sont ainsi appuyées sur des taux pouvant aller jusqu’à 10 % dans le secteur des micro-entreprises.
  • Les banques manquent d’informations fiables pour évaluer les risques. La majorité des PME sont des entreprises familiales sur lesquelles ne pèse aucune obligation légale en matière d'audit des données financières ou de données sur le marché concerné. Par conséquent, il n’est pas facile évaluer de façon certaine les parts de marché et les créances : ces PME possèdent généralement des biens spécialisés (exemple : machinerie dont la valeur à la revente est difficile à déterminer), elles n’ont pas ou peu d’historique de leur activité et les transactions en liquide représentent une part importante qui n’est probablement pas toujours intégrée dans la trésorerie (« économie informelle »).
Le fort taux de faillite et l’absence d’informations précises permettant d’évaluer les risques expliquent le comportement prudent des banques. Dans le contexte récent de la relative disponibilité des capitaux et du ralentissement de l’économie sur de nombreux marchés, qui affecte les exportations (par exemple aux États-Unis), on peut comprendre que les banques soient attentives à la prise de risque.

Experian a une longue expérience dans le domaine de l'évaluation du risque de crédit, notamment des portefeuilles de PME que les banques commerciales ont pu développer, et ce sur les marchés développés comme sur les marchés émergents. Cette expertise allie une excellente connaissance du marché du crédit à la consommation, de l'information entreprise et de la banque de détail. Experian a bien compris les liens étroits existant entre les fonds professionnels et personnels pour les PME ainsi que toute l’importance des questions liées à l'évaluation du risque.

L’approche et les données nécessaires pour une meilleure gestion du risque de crédit dépendent de la situation et du type de métier. Par exemple, les données personnelles ont beaucoup plus d’importance pour une jeune micro-entreprise détenue par un seul individu que pour une grande entreprise, plus ancienne, gérée par plusieurs directeurs et affichant un chiffre d’affaires conséquent. Le bilan financier annuel sera un plus pour mieux l'appréhender. La taille des opérations a un impact sur les revenus et les créances douteuses qui, pour les petites transactions, peuvent être inférieurs au coût opérationnel de la transaction. Pour une petite entreprise déjà bien établie, les données clés correspondent avant tout à celles dont la banque elle-même dispose, relatives à la gestion de comptes et notamment la synthèse des transactions du compte courant. Les mouvements du compte courant permettent de déceler les signes précurseurs de problèmes de cash flow ou, à défaut, celles qui permettent d’évaluer sa capacité d’achat. Tout l’intérêt de cette approche est la disponibilité de ces données pour les entreprises auxquelles aucune obligation légale n’impose de déclarer les informations financières classiques (bilan financier et compte de résultat). Cette approche permet de mettre en œuvre des solutions définissant des limites d’exposition au risque pré-approuvées et peuvent contribuer à réduire substantiellement les coûts opérationnels, à limiter les créances irrécouvrables et à faciliter l’approche IRB pour l’accord Bâle II. Cette approche permettra de venir à bout des réticences des banques à prêter aux micro- et aux petites entreprises en fournissant aux banques des outils efficaces pour évaluer le risque crédit sur ce marché.

Nigel Rusby – Consultant principal, Decision Analytics

Sources des statistiques mentionnées:

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