La Jordan Ahli Bank accorde sa confiance à Experian
Experian renforce ses activités en Inde

L’Afrique du Sud : moteur économique du continent africain

Le rôle clé des PME dans les marchés émergents
Aider au développement de nouveaux organismes de crédit
La banque indienne ICICI va mettre en place une solution d’évaluation du risque orientée client
Aperçu du développement des marchés du crédit dans la région
MEFTEC 2007 : l’édition de la maturité
Au-delà de l’Europe
Aperçu du développement du marché du crédit des pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient

Le marché du crédit dans les pays de cette région du monde n’est pas au même stade de développement selon le pays concerné. Si tous ces marchés sont en pleine croissance, les facteurs à l’origine de cette situation, et qui continuent à l’alimenter, ne sont pas les mêmes. Il peut en effet s'agir de la législation locale, de considérations d’ordre culturel, de la position des principaux acteurs sur un marché local ou de la situation économique nationale. Cet article offre un aperçu du développement de ces différents marchés, et plus particulièrement ceux d'Algérie, de Tunisie, de Turquie, d'Arabie Saoudite & du Moyen-Orient.

Situation actuelle

La région du Moyen-Orient est constituée d’une mosaïque de pays très différents, tant en termes de démographie, de croissance économique, de climat politique, que de maturité de l’industrie bancaire. Certaines tendances de fond caractérisent néanmoins l’ensemble de la région. La Turquie est le marché le plus mâture, alliant stabilité économique et taux d’intérêt en baisse ; le marché du crédit à la consommation y est par ailleurs en pleine mutation. La plupart des banques poursuivent d'ambitieuses stratégies de développement comprenant acquisition et ouverture de nouvelles agences. Les résultats des élections présidentielles, et de celles qui auront lieu cette année, devraient soutenir la croissance, même si les analystes prévoient une stabilisation de l’économie.

Viennent ensuite l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis qui sont, après la Turquie, les marchés les plus mâtures en termes de développement du crédit. La Jordanie et l’Egypte sont également en avance sur le reste des pays de cette zone géographique. En règle générale, dans ces pays, la croissance rapide du marché du crédit à la consommation est liée à la stabilité du pays. C’est clairement le cas de l’Arabie Saoudite, où le crédit bancaire a augmenté de plus de 40 % ces 8 dernières années et les encours des cartes de crédit de plus de 80 % sur la même période. La Jordanie a bénéficié d’un afflux de capitaux et d’investissements lié à la guerre en Irak ; le marché a ainsi gagné rapidement en maturité et en volume. L’Egypte est l’un des marchés les plus importants de la région de par sa population (plus de 75 millions d’habitants) et une mobilité économique ascendante très dynamique à tous les échelons de la société égyptienne.

De grandes avancées ont également été réalisées dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, au Liban ainsi qu’au Pakistan. Avant la guerre civile, Beyrouth était la capitale bancaire de la région, reléguée aujourd'hui derrière des pays au marché bancaire plus élaboré.

En Algérie, le crédit à la consommation se développe de manière récente. La plupart des activités de crédit sont dominées par les prêts hypothécaires et les crédits aux entreprises , les banques publiques représentent la majorité des acteurs locaux. 

En Tunisie, l’industrie du crédit à la consommation est gérée uniquement par des banques de détail, la réglementation locale ne permet pas la création d’établissements spécialisées et de structure dédiées en dehors du système bancaire actuel (activités de banques de détail classiques). Près de la moitié des plus grandes banques tunisiennes sont des banques d’état. Les activités de crédit en Tunisie sont dominées par les financements d’entreprises et les banques ont majoritairement des procédures de décision très manuelles y compris pour le marché des particuliers. De plus, le crédit aux particuliers (crédit à la consommation et crédit immobilier) représente une part  limitée faible des encours globaux : 18% à comparer avec un taux de presque 30% au Maroc.

 Les banques d’origine étrangère -sous l’impulsion de leurs maisons mères- mettent cependant en place des pratiques plus industrielles (avec l’utilisation des techniques scoring).  En comparaison, le Maroc est le pays ou le marché  du crédit aux particuliers est le plus mâture  du Maghreb, ce sont les établissements financiers spécialisés –et non les banques de détail traditionnelles- qui produisent la grande majorité des encours. Les principales structures de crédit à la consommation ont su mettre en place au cours des dernières années  de solides pratiques de scoring. Les deux principaux acteurs sur ce segment, Wafasalaf et SGMB-Eqdom, se partagent à eux deux plus de 50 % du marché

Quelques chiffres…

Cadres juridiques et politiques de conformité et réglementation Bâle II

Au Moyen-Orient, le cadre juridique varie d’un pays à l’autre. Néanmoins, dans la plupart des pays, l’engagement des banques centrales est suffisamment fort pour inciter à modifier la législation afin qu'elle stimule la croissance de l’industrie bancaire. Dans les pays où le cadre juridique est trop restrictif, de sérieuses réformes ont été réalisées ou sont envisagées. Des lois sur l’hypothèque ont été entérinées dans la plupart des pays stables, où l’achat de biens immobiliers peut s'envisager sur le long terme.

Ces différents cadres juridiques ont en grande partie soutenu le boom de l'industrie bancaire à Bahreïn et aux Emirats arabes unis. La législation de ces pays s'étant rapprochée des pratiques internationales, ces deux pays ont pu constituer un nouveau pôle leader dans la région, le Liban ayant, suite à la guerre civile, perdu son influence et son rôle en la matière.

Partout au Moyen-Orient, et bien que les diverses échéances soient souvent reportées, les institutions financières exigent l'application de la réglementation internationale, que ce soit l'accord de Bâle II ou les obligations internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

En Turquie l’accord de Bâle II prend ainsi de plus en plus d’importance. Le Conseil de régulation et de surveillance du secteur bancaire (BDDK) et le gouvernement ont décidé de l’application de l’approche standard à toutes les banques à compter de janvier 2008, et de l’approche IRB avancée a été avancée à janvier 2009. Le BDDK est la principale autorité de régulation qui détermine le cadre réglementaire nécessaire à l'instauration de la confiance et de la stabilité des marchés financiers turcs.

L’Algérie allie les principes bancaires de l’économie de marché à ceux du système bancaire islamique représenté par de petites banques islamiques (lire le paragraphe en fin d'article).

Depuis début 2006, la Banque Centrale de Tunisie a encouragé les institutions locales à se conformer à l’accord Bâle II. Cependant, la plupart des banques en sont encore à en étudier les implications.

En comparaison,au Maroc, la Bank Al Maghrib exige des banques qu’elles respectent l'accord de Bâle II dès 2008, l'approche IRBA étant elle prévue pour 2012. En Tunisie, c’est la Banque Centrale de Tunisie qui joue ce rôle régulateur.

Centrales d'informations Crédit

Au Moyen Orient, le développement des centrales d'informations va jouer un rôle important dans le développement du marché de crédit à court terme. Actuellement, l’évaluation des encours de crédits n’en est qu’à ses débuts. On peut cependant envisager une progression rapide. Experian collabore déjà au développement de tels services non seulement en Arabie Saoudite mais également au Koweït, en Iran et au Pakistan, ainsi qu’avec des entreprises du secteur pétrolier à Bahreïn, aux Emirats arabes unis et en Jordanie. La centrale KKB en Turquie intègre les logiciels et les outils d’analyse du groupe d'Experian. Lancé il y a plus de dix ans maintenant, elle a su prouver son intérêt aux organismes bancaires et financiers qui intègrent de façon optimale ses données dans leurs processus d'octroi. Néanmoins, les données et profils de crédit pourraient encore être enrichis par des services à forte valeur ajoutée qui permettraient aux organisations bancaires et financières développer encore plus leurs compétences dans le domaine du décisionnel. Aujourd’hui, le KKB n’intègre pas les données sur les entreprises, ce qui serait pourtant une aide précieuse dans la gestion des portefeuilles PME des établissements bancaires et financiers.

Au Maroc les organismes de crédit à la consommation et de crédit-bail, détenus par les plus grandes banques locales, ont développé des bases de données locales qui recensent les incidents de crédit via leur structure de représentation (APSF). La Banque Centrale – Bank Al Maghreb, projette également la création du structure de ce type élargissant et sophistiquant les fonctions déjà existantes (fichier des incidents de crédit). Le GPBM (association des banques)  a de manière anticipatrice lancé un projet de ce type depuis 2005 qui doit être opérationnel prochainement.

En Tunisie il n’existe pas à l’heure actuelle de centrale d'informations mais les institutions locales sont intéressées par le concept, et sont activement soutenues par la Banque Mondiale (International Finance Corporation). La situation en Algérie est similaire et l'association bancaire envisage sérieusement la création d’un tel service. Des chantiers  de modernisation des systèmes bancaires de fiabilisation des systèmes d’information doivent cependant être un préalable. Des bailleurs de fonds internationaux (La Banque Mondiale avec IFC ou l’Europe avec son plan MENA) pourraient largement contribuer à la mise en place de tels projets..
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Challenges et opportunités découlant du développement du marché du crédit (et des Centrales d'information Crédit)

Les investisseurs étrangers ont montré un certain intérêt pour les banques turques ; nombreuses sont celles qui sont déjà plus ou moins détenues par des banques étrangères, ce qui a augmenté la compétitivité du marché. Il y a quelques semaines, le gouvernement a approuvé une loi sur les hypothèques et, désormais, les prêts devraient devenir l'un des moteurs de croissance du secteur financier turc, tout comme des activités de la Centrale d'informations Crédit.

En Tunisie,, le secteur bancaire très fortement réglementé, semble se libéraliser progressivement. . Ainsi l’Etat Tunisien est sorti du capital de la  Banque du Sud qui a été récemment rachetée par Santander et AttijariWafa Bank  et devient AttijariBank. De nouveaux entrants tout comme les filiales locales de banques françaises (UIB, UBCI) pourraient stimuler le marché du crédit avec de nouvelles offres et de nouveaux dispositifs de distribution se démarquant du système bancaire traditionnel.

Au Moyen-Orient, les crédits aux PME tout comme les crédits hypothécaires sont en croissance et la plupart des institutions financières de la région cherchent des moyens d’améliorer leurs méthodes et leurs approches. En Arabie Saoudite, la Centrale d'informations Crédit SIMAH envisage de créer une nouvelle centrale d'informations sur les PME.

En ce qui concerne les leçons à tirer du développement du marché du crédit et des centrales d'informations établies dans d’autres parties du monde, M. Fatih Azaklı, responsable de l’analyse du risque pour Garanti Payment Systems en Turquie, nous a fait part de ses réflexions lors de la rédaction de cet article: « Bien que chaque pays connaisse un développement différent, avec un environnement juridique différent, les marchés émergents peuvent tirer les meilleurs enseignements des systèmes d'informations et des procédures qui ont déjà fait leurs preuves sur les marchés développés. Il est par conséquent tout à fait logique d'imaginer qu'ils se développent plus rapidement, fort de ces expériences. Il ne faut pas oublier, de plus, qu'il est parfois beaucoup plus avantageux de tout mettre en œuvre plutôt que de faire évoluer un système dépassé ».

Risque crédit et fraude

Il est de plus en plus nécessaire d'analyser les demandes à travers le Moyen-Orient. Tous les types de crédits et de prêts à la consommation y sont en augmentation. Il revient donc aux organismes de régulation locaux de limiter et de contrôler l'exposition au risque. La fraude n’a pas encore un impact très significatif dans cette région, mais la plupart des analystes estiment que les techniques traditionnelles de fraude devraient bientôt faire leur apparition, dans la mesure où les contrôles anti-fraude en Occident sont de plus en plus sophistiqués,. Même si globalement la fraude n’a pas un caractère alarmant, son taux de croissance dans la région est assez inquiétant. Par conséquent, les organismes étudient déjà des moyens de prévention ou de contrôle. Aujourd’hui, la fraude concerne principalement les transactions, mais les fraudes liées aux demandes augmentent au même rythme.

Dernièrement, les banques turques ont considérablement évolué en termes de gestion du risque. De nombreux établissements ont informatisé la gestion du risque et se sont équipés de solutions décisionnelles pour gérer l'octroi des crédits, soit en interne, soit en s'appuyant sur un partenaire externe comme Experian. De nos jours, la gestion des clients tout comme la lutte contre la fraude, tendent à s'imposer comme des problématiques clés. Comme le souligne M Azaklı de Garanti Payment Systems : « notre portefeuille de clients est désormais bien établi et nous avons pris en charge la gestion du risque. Nous contrôlons l’identité des clients, leur numéro de téléphone et nous allons même jusqu'à rendre visite à domicile dans le cadre de certains dossiers. Bien entendu, lorsqu'il s'agit d'une demande de crédit nécessitant une réponse immédiate, le risque de fraude peut être un élément critique. Nous travaillons aujourd'hui à l’élaboration de systèmes d’évaluation et de prévention de la fraude ».

La Turquie connaît des fraudes transactionnelles, bien que le pays ait intégré la nouvelle technologie "cartes à puce" dès son apparition, ce qui a eu pour effet de réduire de près de 80 % les transactions frauduleuses. Concernant les fraudes liées aux demandes de crédit, les chiffres sont généralement plus bas que ceux des marchés tels que le Royaume-Uni ou les États-Unis et des outils internes ont été développés par les établissements pour remédier à ces fraudes. Pour M Azaklı, des banques telles que la Garanti Bank, « utilisent les nouvelles technologies pour réduire la fraude au maximum et fournir à (nos) clients les produits les plus sûrs possibles ».

*Système bancaire islamique

L’une des principales caractéristiques du Moyen-Orient est la forte présence du système bancaire islamique. Ce système bancaire connaît une croissance conséquente et son impact sur le développement futur de la région ne doit pas être sous-estimé. Le système bancaire islamique est gouverné par ses propres règles, en conformité avec la charia islamique. Différents comités surveillent ainsi chacun des établissements financiers. Les principales caractéristiques de ce système bancaire reposent sur l’interdiction de l’usure, la prohibition de la dissymétrie d’information et de toutes les formes de jeux d’argent et de hasard. On estime que les actifs gérés par le système bancaire islamique sont estimés à entre 300 et 400 milliards de dollars US, dont 70 % au Moyen-Orient. Ce système connaît aujourd'hui un taux de croissance soutenue de 15 %, ce qui laisse penser qu’il devrait rester une donne importante du secteur bancaire du Moyen-Orient.

La banque islamique est également présente au Maghreb, principalement en Algérie et prochainement au Maroc. L’autorisation de la banque centrale marocaine étant entrée en vigueur en juillet dernier, les banques marocaines ont commencé à commercialiser des produits islamiques conformes à la charia islamique.Le principal enjeu pour les banques marocaines est d’élargir le taux de bancarisation de la population via l’offre de produits « alternatifs ».

Des consultants locaux et expérimentés d’Experian ont contribué à cet article. Pour réagir au contenu de cet article, merci de nous envoyer un e-mail et nous vous mettrons en relation avec l’un d’eux.

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